Une voiture a ..... percuté un cycliste, piéton ....

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Une voiture a ..... percuté un cycliste, piéton ....
Photo by Ian Valerio / Unsplash - Représentation : Une voiture a percuté un cycliste.

Dans les formulations habituelles des médias, de tous types, il y en a une qui persiste et demeure : une voiture a percuté un cycliste ....

Plusieurs exemples : "Une voiture percute un arbre sur une route départementale", "Une voiture percute trois piétons dont deux enfants" et "une voiture fonce sur une terrasse, deux blessés dont un grave". - Résultat de recherche de Google

Cette tendance à déplacer l'attention du lecteur vers l'objet plutôt que le conducteur pose question. Comme si la voiture avait une volonté propre et pouvait, de manière autonome, foncer sur un cycliste, un piéton ou bien un arbre. Mais quid de celui ou celle qui est derrière le volant ?

En cherchant plus en détail, il est apparu que cette formulation n'est pas nouvelle et n'est pas spécifiquement Française. D'anciens articles (datant de 2003/2004), l'employaient déjà.

Un homme de 60 ans heurté par une voiture a finalement succombé à ses blessures au cours de la nuit de dimanche. - https://www.tvanouvelles.ca/2003/01/05/un-pieton-est-fauche-mortellement-a-quebec

Après plusieurs recherches, sur d'ancienne archives, les années 1913 ne sont guères plus avancées : Plus d'un siècle après : On en est toujours au même stade.

"RENVERSÉ PAR UNE AUTOMOBILE" - Le Petit Parisien le 13/06/1913 - https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2534961.texte.langFR

Nous sommes donc en passe de nous poser la question : y aurait-il une tendance à ignorer la responsabilité du conducteur ?

Oui.

Chaque accident, chaque responsabilité. Mais cette tendance à déresponsabiliser (quand ces derniers le sont) les conducteurs a bien été constatée.

En 2026 une étude Suisse publiée en 2026 par Lucca Reymond et Patrick Rérat s'est penchée sur la question : "Blaming Cyclists, Invisibilising Drivers: How Motonormativity Shapes Swiss Media Collision Reports" (Blâmer les cyclistes, invisibiliser les conducteurs : Comment la normativité motorisée recouvre les collisions avec les cyclistes).

Elle analyse un total de 204 articles de presse Suisses romands publiés entre 2020 et 2024 sur des collisions entre automobilistes et cyclistes. Les auteurs concluent que les cyclistes sont très souvent ciblés, tandis que les automobilistes sont soit absents, soit remplacés par leur véhicule (une voiture a).

L’étude pointe principalement l’usage de la voix passive, des formulations sans l'aspect humain et des formulations du type “collision avec une voiture”, qui peuvent déplacer l’attention vers le cycliste ou vers l’objet plutôt que vers la personne derrière le volant.

En effet seuls 27% des titres mentionnent l'aspect humain de l'accident. Tandis que le conducteur n'est mentionné que dans 42% des titres. Lorsqu’ils apparaissent, ils sont généralement désignés par leur véhicule dans 82 % des cas. Cependant, les cyclistes sont directement représentés dans 83 % des titres.

Source : https://findingspress.org/article/157545-blaming-cyclists-invisibilising-drivers-how-motonormativity-shapes-swiss-media-collision-reports

Que dire ?

Nommons les choses comme il faut : Celle ou celui qui est derrière le volant.

Un (ou une) automobiliste percute ....

L'idée de nommer ainsi la personne au volant n'est pas de pointer du doigt sa responsabilité (car chaque accident est à déterminer au cas par cas), mais de rendre visible la dimension humaine de l'accident et de faire réagir.