Pourquoi on ne prend pas toutes les pistes cyclables ?
Les cyclistes, on leur fait des pistes cyclables à plusieurs millions d'euros et ils ne les prennent pas. On est obligés de se les coltiner - Jean-Pierre
Ces propos, vous les avez sûrement déjà entendus et lus quelque part. Mais de nombreuses raisons font que les cyclistes ne prennent pas toujours les pistes cyclables. Et il y en a plusieurs. Et "embêter les automobilistes" n'en fait pas partie.
Avant de commencer, il y a, au niveau du code de la route, deux infrastructures différentes strictement réservées aux cyclistes.
Les bandes cyclables : Il s'agit d'une bande séparée de la chaussée par des pointillés.
Les pistes cyclables : Il s'agit d'une voie séparée de la chaussée par une séparation physique (souvent une bordure ou des espaces verts) de la chaussée.
Certaines sont obligatoires, d'autres ne le sont pas. Tout dépend de la signalisation en amont. Le panneau est carré ? La piste cyclable est recommandée. Le panneau est rond ? La piste cyclable est obligatoire.

Mais, mettons de côté les pistes cyclables véritablement obligatoires (qui ne sont pas si fréquentes que ça), pourquoi elles ne sont pas toujours prises ?
Déjà il y a l'aspect « vitesse ».
Un cycliste en forme roule vite. Bien plus vite que les usagers habituels des pistes cyclables. Cette différence de vitesse peut créer des conflits avec les autres usagers et des accrochages.
Certains dirons qu'il faut adapter son allure à la situation, certes, mais il devient plus rapide de rouler sur la chaussée et non sur la piste cyclable. D'ailleurs, la gêne est généralement minime car il est rare qu'en ville un ou une cycliste en forme soit une véritable gêne pour les automobilistes. C'est même plutôt l'inverse.
Ensuite : l'aspect praticité.
Certaines pistes cyclables ne permettent pas forcément de rejoindre l'endroit où l'on veut aller. Ou bien des discontinuités sur le trajet la rendent inutilisable.

Rien de plus pénible par exemple de devoir passer un trajet à quitter et rejoindre de manière répétée les infrastructures cyclables, ce qui nécessite souvent de s'insérer à nouveau dans le flux de circulation et créant un danger.
De plus, certaines sont couvertes de racines ou de bris de verre ou complètement explosées. D'autres encore, à l'instar de celles qui sont à Écully Limonest et Dardilly, envoient les cyclistes sur les trottoirs avec les piétons.

Pour finir, les jonctions ne sont pas toujours optimales, si bien que pour aller à certains endroits, il faut effectuer des demi-tours ou de couper deux voies car la piste cyclable ne permet pas de rejoindre sa destination, tout court ou en toute sécurité.
Et enfin : Le danger.
Beaucoup de pistes envoient les cyclistes au casse pipe ou leur largeur ne permet pas d'être dépassés en toute sécurité.
La récurrence des stationnements d'automobilistes sur ces infrastructures peut également créer une situation de danger
Bref, vous l'aurez compris : un cycliste ne fait pas ça pour vous embêter, mais parce qu'il tient à sa vie. Mais alors qu'est-ce que vous pouvez faire pour améliorer la situation et faire en sorte qu'un maximum de cyclistes empruntent les infrastructures cyclables ?
Il est inutile de les frôler ou de les insulter de tous les noms. D'ailleurs même en l'absence de collision vous pourriez le blesser ou le tuer. Vous seriez tenu pour responsable des éventuels dommages même en l'absence de collision.
Ne pas emprunter une piste ou bande cyclable n'est pas une infraction.
Si vous êtes automobiliste : Saisissez les autorités et les pouvoirs compétents pour créer de véritables infrastructures cyclables de qualité qui sont claires, assez larges, bien entretenues, qui permettent une desserte fine et qui ne soient pas jonchées de poteaux, de barrières, de chicanes invisibles ou de graviers.
Quid des violences vis-à-vis des cyclistes qui ne prennent pas les "infrastructures cyclables" ?
Ne pas emprunter une piste cyclable, n'est pas une infraction. Personne n'est mort en attendant derrière un ou une cycliste quelques secondes ou minutes. De plus, la route n'appartient ni aux cyclistes, ni aux automobilistes. Elle appartient à tout le monde. Être ralenti, ça fait parti du principe de partage de la route.
Si je devais montrer des velléités à l'encontre des automobilistes qui me ralentissent, je serais un véritable danger public. Et de rappeler qu'un cycliste est en moyenne plus rapide qu'un automobiliste en ville.
Pour conclure : Reprocher à un cycliste de ne pas prendre une infrastructure cyclable reviendrait à reprocher à un automobiliste de ne pas prendre l'autoroute. Après tout l'autoroute est interdit aux cyclistes, à l'instar d'une piste ou bande cyclable interdite aux voitures.