Casque obligatoire à vélo ?
Rendre le casque à vélo obligatoire. Voilà la nouvelle lubie du gouvernement sur la sécurité routière. Ce refrain vient régulièrement sur le devant de la scène. Mais en quoi est-ce un problème ?
Déjà, je vais clarifier un truc : Je suis à 100% pour le port du casque à vélo. Il permet de protéger un peu (un peu reste mieux que pas du tout), même si ce n'est pas parfait. Cependant, il ne protège pas face à certains comportements dangereux. Et si le casque est nécessaire dans une situation donnée, c'est qu'il est déjà trop tard.
En quelques mots : Le casque protège un petit peu des conséquences, et non des causes. Et c'est ça le problème.
Alors quelle solution faut-il pour éliminer les causes ? Le port du casque aurait-il évité à Paul Vary de se faire assassiner par le conducteur d'un SUV profondément irresponsable ?
Non.
Avant de penser à traiter les conséquences, traitons les causes.
Dans le BTP, par exemple, le port du casque est obligatoire. Cependant, il y a des règles sur la sécurité du personnel et sur l'aménagement du poste de travail afin de réduire le risque d'accidents.
Pour les usagers vulnérables, il faut faire la même chose. Et ceci peut se faire sur l'infrastructure. Une infrastructure cyclable de qualité et sans discontinuités est empruntée par les cyclistes. De telles séparations permettent de séparer les usagers vulnérables des usagers motorisés.
En effet, des études ont déjà été faites sur le sujet, et il est même prouvé que de tels aménagements permettent une amélioration de la sécurité des cyclistes, réduisant le risque d'accident.
Et pourtant, le gouvernement a raboté le tant attendu plan vélo, permettant pourtant le financement d'infrastructures cyclables. Une énorme bourde de la part du gouvernement, dont l'action aurait pu éviter de nombreux accidents et de morts sur la route.
De plus, certaines infrastructures sont mauvaises. Des fois, elles ne permettent pas de rejoindre l'endroit désiré. Des fois, elle est recouverte de sable, gravier, ou d'objets (comme des barrières). Il arrive également que la discontinuité nécessite de zigzaguer entre la chaussée et les "petits bouts" de la piste cyclable.
Bref : On traite les conséquences, et non la cause. Le port du casque obligatoire n'est pas une solution. Il s'agit d'une manière de se dédouaner de ses propres responsabilités politiques.